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L’Andev et ses missions

Interview de Marie-Christine Delaunay, vice-présidente de l’Andev

L’Andev, c’est l’association nationale des directeurs et des cadres de l’éducation des villes et des collectivités territoriales. Nous sommes une association de professionnels, pas de politiques. Cela nous permet de compter tous les responsables territoriaux dans nos rangs, pas seulement certains profils, en fonction de leur couleur politique. 

Nous traitons toutes les tailles de collectivités. Sur près de 500 adhérents, 90 % sont des communes, mais nous commençons à accueillir des conseils départementaux. Cette composition fait que nous sommes principalement actifs sur le 1er degré, même si nous touchons à tous les niveaux scolaires. 

L’Andev est née en 1994, avec les lois de décentralisation et la création des postes de cadres de l’éducation. L’idée, c’était d’échanger entre professionnels de l’éducation, de partager nos savoirs, nos idées, pour atteindre ce qui est l’ADN même de l’Andev : l’émancipation et l’inclusion par l’éducation. 

Nous travaillons aux côtés de la recherche universitaire, nous sommes régulièrement en partenariat avec des élus, des professionnels, des associations de métiers comme la restauration scolaire par exemple. Sans oublier nos partenaires institutionnels, comme l’Éducation nationale. 

Avec la décentralisation, l’État a délégué aux collectivités une partie du service public de l’éducation. Parmi les compétences régaliennes du maire figurent l’accueil des enfants et la mise en place de conditions favorables pour l’enseignement. Donc le rôle premier d’un directeur de l’éducation dans une collectivité, c’est d’assurer ces éléments. Mais cela va plus loin, car des compétences qui sont facultatives au regard de la loi sont de fait indispensables, comme la restauration scolaire par exemple. 

Les directeurs de l’éducation touchent aussi aux questions périscolaires et extrascolaires, comme l’accueil en centre de loisirs. Ils ont aussi en charge les missions RH pour ce qui est de la gestion des agents des écoles et des animateurs périscolaires.

Le directeur de l’éducation est le chef de file de la politique éducative dans une collectivité. À ce titre, il touche à tout ce qui est transversal à l’éducation dans une ville, à travers différents services comme la petite enfance, la culture, ou encore les sports. Cette coordination est enrichissante, mais elle complexifie aussi le rôle des directeurs de l’éducation. 

Le binôme élus/techniciens est la colonne vertébrale de tout ce processus. Ce sont généralement des personnalités assez fortes et engagées. Des deux côtés, nous souhaitons que les enfants du territoire s’épanouissent, que les familles soient rassurées sur l’accueil et l’éducation. On ne peut pas mettre en place une politique éducative à laquelle on ne croit pas. Mais il est essentiel que les élus et les techniciens partagent aussi la façon de la mettre en œuvre.

L’Éducation n’appartient pas qu’à l’Éducation nationale, il faut sortir de cette vision « scolaro-centrée ». Les familles sont au centre de ces thématiques, tout comme les enfants. Il faut une ouverture d’esprit suffisante pour animer un réseau de partenaires variés sur tout un territoire, se tenir informé des compétences et des qualités des uns et des autres. Il faut raisonner en aire géographique et en fonction des profils des enfants plutôt qu’en cloisonnement. 

L’exemple concret pour un projet numérique porté par un directeur de l’éducation concerne l’équipement et les usages. Utiliser un équipement seulement dans le temps scolaire serait stupide. Il faut faire sortir les appareils numériques, multiplier leurs usages. 

Pour cela, il faut mettre les usagers autour de la table, échanger. L’Éducation nationale, le péri ou extra-scolaire, la restauration scolaire… Tout le monde doit se concerter, sinon on va droit dans le mur : le matériel se démultiplie, coûte une fortune. Le rôle d’un directeur de l’éducation dans un projet, c’est donc aussi d’assurer la cohérence de celui-ci. 

Chaque partenaire doit apporter son point de vue et ses compétences. Les élus et organisations politiques (municipalité, conseil départemental, etc.) se mettent d’accord sur les enjeux politiques. Les cadres territoriaux les mettent en place avec les milieux associatifs, techniques, budgétaires, tandis que l’Éducation nationale se charge de l’aspect pédagogique. 

Quand le socle numérique est sorti, tout le monde a trouvé cela formidable, dans le sens où désormais, tout le monde parle le même langage. 

Avant, il y avait un engouement pour les tablettes et les classes mobiles. Mais très vite, nous nous sommes rendu compte que ce matériel n’était pas utilisé, que la pratique pédagogique ne changeait pas. C’est parce qu’on parlait exclusivement d’équipement, mais pas de formation pour les usages de ce matériel. 

Ce socle commun implique de changer les choses, d’avoir une vision globale de l’écosystème du numérique éducatif, qui vise à reprendre la main sur les apprentissages avec le numérique. 

L’Andev est ferme là-dessus : il faut que le numérique s’inscrive dans un projet éducatif qui fasse sens, à tous les niveaux. J’ai déjà vu des prises de tableaux numériques interactifs placées tellement hautes que personne ne pouvait y accéder. C’est aberrant. J’insiste sur le fait que tous les utilisateurs doivent travailler ensemble pour bâtir la transition numérique.  

Si on veut éviter le gaspillage à la cantine par exemple, il faut savoir combien d’enfants y mangent chaque jour. Si on passe par une application de gestion, en relation avec le service restauration, ça marchera ! À condition que la personne chargée de gérer la cantine sache utiliser le matériel. On en revient donc à la question de la formation, essentielle.

Au vu du nombre de dossiers déposés par les mairies pour bénéficier du socle numérique de base, nous allons voir comment les 105 millions initialement alloués par le plan de relance seront distribués. Le traitement des dossiers est en cours. 

La question qui reste non résolue, c’est l’équipement des directions d’écoles. Le gouvernement a annoncé 100 euros pour que les enseignants s’équipent d’un appareil numérique. C’est bien, mais c’est peu. 

Et si l’Éducation nationale explique aux directeurs d’établissements qu’il faut équiper les équipes pour travailler, ce sont les collectivités qui paient ! Ce système ne fonctionne plus. Mais cette logique est en train d’évoluer, chacun doit reprendre ses responsabilités. 

Les territoires numériques éducatifs vont dans ce sens aussi. L’accompagnement est mis en avant, pour sortir du dogme de « l’équipement, seulement l’équipement ». L’énorme progrès a été d’arrêter les bidouillages dans tous les sens pour se mettre d’accord.

Nous avons souhaité maintenir l’événement en présentiel, ne serait-ce que pour son aspect très convivial. A priori, il aura lieu fin octobre, sur le thème du développement durable dans une approche globale des transitions nécessaires : écologique, démocratique, sociétale, environnementale, etc.

La formule sera dynamique, avec des vidéos de nos partenaires, des conférences, des débats et des ateliers. 

Le but de ce congrès est notamment de favoriser des rencontres entre acteurs de l’éducation et de tout ce qui tourne autour, pour produire des partenariats. idruide et ses solutions clés en main s’inscrivent parfaitement dans ce contexte. 

Le Congrès de l’Andev, qui aura pour thème « Éducation et développement durable. Engager et soutenir l’indispensable transition dans les territoires », se tiendra à Metz les 20, 21 et 22 octobre 2021.

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Un article de idruide publié le 08 Oct. 2021
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