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L’edtech française face aux acteurs internationaux

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Le secteur de l’edtech en France doit mieux se structurer pour s’imposer face à la concurrence internationale.

Lors du premier confinement, au printemps 2020, les établissements scolaires ont dû réagir vite pour s’adapter à la fermeture des classes. Du jour au lendemain, il a fallu trouver les moyens d’assurer la continuité pédagogique alors qu’élèves comme enseignants se sont retrouvés à distance les uns des autres. 

Des outils comme les ENT ont servi : les usages se sont multipliés, dépassant le simple outil pour jeter un œil à son emploi du temps ou à ses notes. Malgré cela, les premiers réflexes ont été de se diriger vers les outils facilement accessibles, capables d’absorber des connexions en masse, et ouverts à tous. 

Concrètement, cela s’est traduit par un recours massif à des entreprises étrangères, à commencer par les géants du numérique américains, comme Google et Zoom, un outil de visioconférence qui a connu une croissance exponentielle depuis le début de la crise sanitaire. Zoom comptait par exemple 300M d’utilisateurs par jour pendant le premier confinement. 

Pour les représentants de l’edtech française, cela pose des questions, à commencer par la principale : pourquoi n’arrive-t-on pas à imposer des solutions numériques aussi efficaces et résilientes face à un tel afflux de connexions

Plusieurs raisons expliquent le retard du secteur de l’edtech hexagonale face aux géants internationaux. L’une d’elles concerne l’absence d’une volonté politique forte dans ce domaine. Pendant longtemps, le secteur de l’edtech française a été minoré par les politiques de tous bords. 

Il y a eu plusieurs appels du pied de la part des entreprises françaises, pour mettre en garde les gouvernements successifs sur le traitement des données des élèves notamment. En effet, à la base, le but de ces géants est de capter les données dans un but commercial, pas éducatif. Alors que dans le secteur hexagonal, des solutions existent pour protéger ses données personnelles

Ce sujet est devenu essentiel depuis la crise sanitaire et les choses bougent. Mais pour voir de véritables évolutions, cette problématique amène à la suivante : la nécessité d’avoir un marché clair et pérenne. 

L’un des principaux freins à la création de ce marché unifié et structuré, c’est la décorrélation entre les utilisateurs des solutions numériques (les enseignants, les DSI) et les décideurs/payeurs (les collectivités)

La chaîne d’achats est complexe, avec des temps longs liés au fonctionnement des marchés publics, ce qui pénalise les petites et moyennes entreprises, qui n’ont pas toujours les capacités de tenir sur le long terme avant de signer un contrat. « La filière demeure cependant constituée principalement de TPE et grand nombre d’entre elles sont aujourd’hui dans l’obligation de signer des contrats, au risque de disparaître », rappelle Marc Sagot, directeur général de l’Afinef.

À titre d’échelle, en 2020, ce sont 16Mds d’euros qui ont été investis dans l’edtech au niveau mondial, quoique principalement dans les pays de l’OCDE. Ce chiffre monte à 17Mds en 2021. Pour la France, le chiffre est seulement de 190M, soit une portion très faible du total.

Anne-Charlotte Monneret, directrice générale d’Edtech France, travaille pour faire bouger les lignes. « Avec le nombre d’entreprises dans le réseau (plus de 400, N.D.L.R.), nous avons une voix à part entière dans le débat public, nous devons continuer ainsi à grandir en tant que réseau et à fédérer le plus d’entreprises possible pour légitimer nos actions quotidiennes. Nous sommes invités sur des événements plus généralistes, nous pouvons nous positionner parmi les fédérations industrielles et être considéré dans les plans de relance, par exemple ».

L’association voit aussi plus loin, pour développer la visibilité et les marchés de l’edtech française. « Les choses bougent en ce moment à l’international, et notamment dans la Francophonie avec le Sommet qui se tient cette année. Grâce à Business France, nous avons pu financer des postes de VIE au Mexique et à Tunis, co-piloté avec l’Afinef. Ce sont des chargées de mission Edtech qui ont pour but de faire de la veille sur la Edtech localement, d’identifier les acheteurs locaux, les innovations en présence, aider nos entrepreneurs à accéder à ces marchés, etc. », explique-t-elle. 

Un regard déjà tourné vers l’avenir, pour accroître la crédibilité du secteur hexagonal et imposer ses entreprises comme des leaders à l’international. 

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Un article de idruide publié le 10 Déc. 2021
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